Robert Petit

Un parcours atypique.

Je suis enfant de restaurateur et comme beaucoup d’enfants de restaurateurs j’ai d’abord rejeté ce métier qui me privait de mes parents jusqu’au jour où j’ai été rattrapé par le virus et j’ai décidé de faire l’école hôtelière. Je dois rendre hommage ici à mes parents et en particulier à mon père ancien cuisinier du restaurant Point à Vienne, contemporain dans ce restaurant d’un certain Paul Bocuse, qui jusqu’à la fin de sa vie a pratiqué ce métier avec passion & talent dans son Hotel de France des Rousses distingué d’un macaron Michelin.
Son passé de résistant en avait fait quelqu’un de très ouvert aux autres avec une envie énorme de partager son métier, et sa facilité à créer m’a toujours inspiré et donné beaucoup de liberté.

Après l’école hôtelière et en même temps que mes premières places en cuisine, j’ai également fréquenté l’université de Paris Dauphine et en suis sorti avec une maîtrise d’économie et une ouverture un peu différente sur mon métier & la société, ayant eu la chance d’y croiser des gens comme Jacques Delors, Jacques Attali & Raymond Barre.

L’histoire de mes restaurants commence dans la cuisine du restaurant Taillevent un jour où je regarde la salle et me demande avec lequel des clients présents ce soir là je pourrais passer une soirée. Nous sommes en 1979, j’ai 19 ans et mon métier me semble hors d’époque.
C’est à ce moment que me vient l’envie d’utiliser mon petit savoir gastronomique pour créer un restaurant populaire… Ce sera Dame Tartine.
Je fais part de mes interrogations à Monsieur Vrinat, propriétaire de Taillevent, qui à ma grande surprise comprend exactement ce que je ressens (il vient de disparaître et je tiens à lui rendre hommage).
1 an plus tard, ouvre le 1er restaurant Dame Tartine fait avec les moyens du bord compte tenu de mes faibles possibilités financières, mais surtout avec le concours de ma compagne Marie-Hélène qui m’a accompagné dans cette aventure.

Le succès de cette formule nous permet de chercher un local plus adapté et en 1983 nous commençons le projet du restaurant de Beaubourg dont Marie-Hélène ne verra pas la fin suite à un triste accident.
L’ouverture de ce restaurant a lieu fin 1984 avec l’aide de mes vieux copains : Bobo, Philippe (aujourd’hui propriétaire du « Petit Kawa ») et ma cousine Sylvie. L’emplacement est magique, juste en face de la fontaine Stravinsky mais tout le monde se moque de nous avec notre produit pas cher autour du pain, nos tables non nappées, notre service décontracté sans uniforme.
Pourtant, là encore le succès est au rendez-vous, le produit rencontre son époque et au bout de 6 mois le restaurant ne désemplit plus (400 couverts par jour à cette époque là qui sont devenus 700 couverts les années suivantes).

Le recrutement se fait autour de personnalités plus que de professionnalisme et l’équipe, quoi que baroque, abat un travail phénoménal tout en étant extrêmement appréciée de la clientèle.
Dame Tartine aura 2 petits frères : 1 à la Bastille et l’autre dans le jardin des Tuileries à l’enseigne « Café Very ».
Devenue une véritable entreprise, nous essayons de garder nos valeurs et nous intéressons à la réinsertion en intégrant des anciens « taulards » ou des personnes en difficulté avec la drogue.
En 1997, je revends au groupe Horeto et suite à une mésentente liée à des valeurs différentes, je quitte Dame Tartine en 1998. Je souffle un peu et prends le temps de m’occuper de mes enfants. ..

Puis, en 1999, nouvelle aventure avec le restaurant Pataquès qui se veut restaurant provençal moderne. Le restaurant est une réussite mais je n’aime pas le quartier et le revends rapidement pour me consacrer à mon vrai projet, le développement d’un restaurant « rapide » avec une cuisine saine & variée, démarche qui aboutira à l’ouverture d’A Toutes Vapeurs.